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Vous êtes ici : Promotion & Education                                     Mis à jour le 06/09/2004

Méthodes et outils en éducation 
pour la santé

 

Communication / Actions de proximité / Formations / Liens utiles

En matière d’éducation pour la santé, c’est-à-dire d’information sur la santé et de travail sur les représentations individuelles dans un objectif de modification des comportements, plusieurs outils sont mobilisables, chacun ayant sa spécificité et ses objectifs :

Communication

Première façon d’aborder l’éducation pour la santé, la communication fait appel à toutes les techniques habituelles : affiches, radio, voire télévision. Elle fait appel à des méthodes élaborées pour d’autres secteurs, en particulier commerciaux.

L’objectif de la communication en éducation pour la santé est, et il est important de le souligner, de modifier les représentations collectives d’un comportement, et non pas d’influencer directement ces derniers. En effet, contrairement aux publicités commerciales, les campagnes d’éducation pour la santé ne peuvent, par définition être « positives », cherchant à inciter à un achat ou augmenter un comportement. Elles sont plutôt « négatives », cherchant à diminuer ou stopper une action qui peut avoir des conséquences néfastes pour la santé. Alors que les publicités habituelles jouent sur le registre du plaisir (« consommez, vous aurez plus de plaisir, vous serez plus jeune, beau, bronzé, heureux, etc., etc. »), celle en éducation pour la santé joue plus souvent sur celui de la peur (« Fumer est mauvais pour la santé, pour le teint, etc. »). C’est donc l’abandon d’une « mauvaise » habitude (voire d’un « vice ») que recherche la campagne de communication en éducation pour la santé, ce qui la rend d’ailleurs parfois peu sympathique.

En réalité, il peut y avoir des moyens positifs d’aborder cette thématique. La campagne « Un verre, ça va, trois verres bonjour les dégâts », joue sur le double registre du plaisir à petite dose, du danger à plus haute dose.

Mais cette même campagne ne pouvait pas prétendre faire diminuer la consommation globale d’alcool en France. Son objectif était de faire prendre conscience à la population de la nécessité de parler, et de distinguer la consommation agréable de celle excessive. A charge ensuite aux actions de proximité de prendre le relais et de travailler en éducation auprès du public.

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Actions de proximité

Les actions d’éducation pour la santé au plus près de la population peuvent prendre plusieurs formes :

Information classique

L’information classique sur les questions de santé, telles qu’effectuées par exemple en milieu scolaire ne prétendent pas nécessairement éduquer, c’est-à-dire induire une modification de comportement liée à une meilleure perception de soi et de son corps, mais seulement d’apporter des informations sanitaires et biologiques. A chacun de les intégrer dans sa vie quotidienne en faisant reposer sur les registres de la crainte, du raisonnable, du « calcul de risque » plus ou moins rationnel, dans ses comportements quotidiens. Ces éléments, bien que fragmentaires, sont cependant essentiels comme base de départ.

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Travail sur les représentations

Le travail sur les représentations c’est à dire sur le sens que chacun donne à sa vie, son corps, à ses relations aux autres, est plus directement en lien avec les fondements de l’éducation pour la santé tels qu’ils sont précisés dans la charte du réseau des comités d'éducation pour la santé.

L’approche de ces représentations peut être effectuée par différentes méthodes : débat, discussion, et souvent, elles font appel à de nombreuses pratiques artistiques.

A ce niveau, deux perspectives se rencontrent et il est nécessaire de les distinguer pour d’une part, les mobiliser à bon escient et, d’autre part, les évaluer correctement. ( texte extrait de S.Tessier, Cultures, créations et éducations, La Santé de l’homme N°344, 1999, p. 16-19).

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Création

La création fait appel à des supports externes, dont un artiste patenté est l’auteur, et ce, pour ce qui nous concerne, dans un geste d’éducation. Ce support peut être un livre, un dessin, une affiche, une pièce de théâtre, un slogan. Sans vouloir forcer le trait, on peut dire que tout acte d’éducation pour la santé est une création, dans la mesure où il interprète des données scientifiques et les transcrit dans un langage intelligible et appropriable. Or, la base de la création n’est-elle pas de chercher à communiquer un concept, donc à le transcrire quelle qu’en soit la forme ? Les représentations du public « cible » sont interpellées par ce support, à charge ensuite pour un animateur externe, de favoriser l’émergence d’un dialogue, d’aider à verbaliser afin d’informer sur ces représentations, et d’engager une discussion sur la façon de diminuer les risques.

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Créativité

La créativité fait appel à la création au niveau individuel par le public « cible » du support. Il n’y a donc pas imposition de modèle, ou de représentation, mais propre projection des représentations de l’individu sur une feuille de dessin, une scène de théâtre, un scénario de film, une musique de chanson, etc. Proches des techniques d’art-thérapie, ces méthodes permettent de fonder le dialogue (tout aussi nécessaire que précédemment) sur la représentation personnelle de l’individu, hors d’un cadre pré-imposé. L’engagement de l’individu, qui met en jeu sa propre personnalité, est entier, ce qui exige une maîtrise parfaite de la part du ou des animateurs qui suivent le processus.

Chacune de ces méthodes présente des avantages, et des inconvénients, voire des limites et elles peuvent être utilisées dans des contextes identiques, mais successivement et avec des objectifs différents. A priori, et contrairement à ce que la violence de certains débats pourrait laisser croire, il n’y en a pas de meilleures que d’autres dans la mesure où les principes de leur évaluation restent encore à bâtir. Il y a des usages adaptés et d’autres qui le sont moins.

Dans certains cas, au sein d’un même projet, les spectateurs-participants peuvent vivre les deux types d’action. Ainsi, un projet de théâtre forum qui mobilise une classe de 40 élèves, où quatre d’entre eux interviennent sur scène fait côtoyer deux séries de « vécus » : celui des participants directs, qui sont venus sur scène. Ceux-ci ont effectué un acte de création personnel en projetant leurs représentations, leurs désirs. Les spectateurs, eux, se sont identifiés à des actes de création qui, tout en leur étant proches puisqu’effectués par leurs pairs, ne leur en sont pas moins étrangers, médiatisés par personne interposée. Les engagements personnels de ces deux groupes de participants sont différents dans leur nature et leur ampleur. On doit donc attendre de leur participation au projet des conséquences différentes sur leurs représentations, et donc sur leurs comportements. De plus, cette créativité doit être orientée vers la production de sens, la projection de représentation de santé. Une créativité qui s’exerce dans un cadre de santé mais n’est pas orienté vers ce thème, comme on le voit souvent, ne peut bien évidemment prétendre procéder de l’éducation pour la santé.

Ces techniques sont très proches de celles utilisées en éducation populaire, ce qui n’est pas surprenant.

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Formation

Formation initiale

La formation initiale recouvre les enseignements de début de carrière : université, écoles techniques ou professionnelles, etc. L’éducation pour la santé n’est en général pas ou peu enseignée. Elle est abordée le plus souvent dans le cadre plus globale des actions de prévention, mais fait l’objet parfois de modules spécifiques dans le cadre d’enseignements spécialisés en santé publique. Cette formation initiale vise à donner les éléments fondamentaux de l’éducation pour la santé (principes et méthodes).

Formation continue

La formation continue  recouvre les enseignements effectués dans le cadre de l’exercice habituel des professions. Dans ce cadre, elle est généralement thématique (portant sur des sujets spécifiques comme le tabac, l’alcool, le suicide, etc.) ou méthodologique (méthodes en éducation pour la santé, méthodologie de projet, travail en réseau). Le plus souvent ces formations sont organisées à la demande des institutions pour répondre à un besoin spécifique de son personnel, mais parfois, elle peuvent prendre la forme de participation à des formations pré-organisées.

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